jeudi 25 mai 2017 - 06:55

Le secteur « presse écrite »

Connaître l’étendue du secteur

La presse écrite couvre l’ensemble des quotidiens, publications périodiques et organismes professionnels liés à l’activité éditoriale. Dans son ouvrage sur la presse française1, Pierre Albert écrit qu’elle « recouvre l’ensemble des publications imprimées à diffusion périodique, chacune sous son propre titre. Son unité se dilue dans la multiplicité de ses organes et la variété de ses contenus ».

Il est très difficile et de moins en moins pertinent, à l’heure du crossmedia et de l’Internet, de rechercher une délimitation précise du périmètre de la presse écrite et de ses champs d’activité. Les concentrations, la constitution de groupes internationaux et plurimédias ne facilitent pas la mesure et l’étude de ce secteur. Par ailleurs, un certain nombre d’activités dites « connexes » prend de plus en plus d’importance et peut avoir des incidences sur la façon de délimiter le secteur et de comptabiliser les salariés. Il s’agit en particulier des salariés de la distribution, des localiers ou correspondants de presse en région et d’une partie des salariés en publicité et communication. Les comptabiliser porterait le total des salariés du secteur à environ 200 000, soit 2,5 fois plus que le chiffre annoncé par l’Observatoire des métiers (voir rubrique « données chiffrées« )

Il existe plusieurs manières de délimiter le secteur de la presse écrite. Celles-ci diffèrent selon les organismes de référence.

L’Association pour le contrôle de la diffusion des médias (OJD) distingue quatre types de presse écrite : la presse payante (presse grand public et presse technique et professionnelle), les supports spécialisés, la presse gratuite et Internet.

Selon la Direction Générale des Médias et des industries culturelles (DGMIC, Ministère de la Culture et de la Communication), le chiffre d’affaires global de l’ensemble de la presse écrite en 2010 – 9,43 milliards d’euros – est en légère diminution par rapport à celui de l’année précédente (-2,1%), mais ce recul est sans commune mesure avec celui observé entre 2008 et 2009 (-7,8%). Toutes les formes de presse sont concernées par ce recul, mais certaines plus que d’autres, en particulier la presse technique et professionnelle et la presse gratuite d’annonces.  L’ensemble du secteur, qui avoisinait 1% du PIB dans les années 1970 – 1980, vient de passer sous la barre des 0,5% en 2010.

Comme le souligne la DGMIC, l’innovation majeure que constitue le développement de l’information et des services en ligne oblige de nombreuses entreprises à de fortes restructurations et à la recherche de diversifications stratégiques.C’est le cas de la presse gratuite d’annonces et de la presse technique et professionnelle. Les principales entreprises de presse technique et professionnelle réalisent d’ores et déjà plus de 50% de leur chiffre d’affaires dans l’activité « hors presse écrite » (Internet, Édition d’ouvrages, Salons ou encore Services aux entreprises et aux professions libérales…).

Selon cette même source, la presse écrite regroupe 17 000 titres. 25% d’entre eux réalisent l’essentiel de ce chiffre d’affaires.

Le nombre de journalistes est établi à partir des données de la Commission de la Carte d’Identité des Journalistes Professionnelles (CCIJP) : ces chiffres restent sans doute en deçà de la réalité des effectifs dans la mesure où ils ne comptabilisent que les journalistes en possession d’une carte, qui tirent leur revenu principal de l’activité éditoriale – excluant par là-même la masse des collaborateurs occasionnels. Après une progression continue attestant du dynamisme et de l’attractivité de la profession, en 2008, le nombre de cartes délivrées a cessé de croitre. Les délégués du Syndicat National des Journalistes s’interrogent sur cette évolution : « La croissance du nombre de cartes a commencé à marquer le pas en 2001-2002. Désormais, un plafond étant atteint, serait-ce l’heure de ‘la décroissance’? « 

1 – P.Albert, La Presse française, Les Études de la Documentation française, 2004